Qu'est ce que le point de Paris ?

La pointure est un élément capital dans le choix d’une paire de chaussures. Trop petite, elle crée des points de compression, trop grande elle génère des zones de vide, donc de frottements. Dans tous les cas, inconforts et douleurs risquent d’être au rendez-vous. Il est donc essentiel de bien déterminer sa pointure avant tout achat.

Durant des siècles, chaque artisan utilisait son propre système de mesure ou presque, ce qui rendait la correspondance très compliquée. Ce n’est qu’au XVIIIème siècle que les compagnons cordonniers-bottiers ont décidé de créer une unité de mesure commune à tous afin d’unifier les pointures. Comme il n’y avait pas encore le système métrique (adopté officiellement en 1791), les bottiers ont institué une graduation en point. Le point de Paris était né !

Son origine est assez floue. Nous savons simplement qu’il a été choisi car son utilisation était la plus courante. Ce point vaut 0,666 cm (2/3 de centimètre), et s’échelonne du 17 au 48. Par exemple, une pointure en 42 équivaut à un pied d’une longueur de 27,9 cm. Cette unité s’est ensuite répandue dans toute l’Europe sous Napoléon, à l’exception de l’Italie et du Royaume-Uni. Ainsi, lorsqu’on indique qu’on se chausse en 42, c’est en 42 point de Paris.

Aujourd’hui, il existe trois grands systèmes de mesure dans les pays occidentaux :

  • le point de Paris, de moins en moins utilisé ;

  • le point anglais, le plus courant ;

  • le point américain, considéré comme égal au point anglais en ajoutant 1 (8 UK = 9 US, etc.).

Si il serait simple de tout uniformiser, il y a un fort aspect culturel à l’utilisation de tel ou tel système de mesure. Le point anglais tend à devenir la norme pour des raisons économiques. Le point de Paris vaut 0,666 cm alors que son cousin anglo-saxon vaut 0,846 cm (1/3 de pouce). Concrètement, il y a 0,666 cm entre un 40 et 41 lorsqu’il y a 0,846 cm entre un 6 et un 7.

Il y a deux conséquences à cela :

  • le point de Paris offre un meilleur ajustement de la chaussure au pied, puisque l’écart entre deux pointures est plus faible. C’est le meilleur choix pour le client ;

  • le point anglais permet de produire moins de paires pour couvrir toutes les tailles demandées par les clients (quitte à moins bien les chausser !). C’est le meilleur choix pour le fabricant.

Prenons un exemple (les valeurs ont été arrondies au plus proche) :


On remarque que le 7,5 UK correspond à deux pointures en point de Paris : le 41 et le 41,5. Ce phénomène de “doublon” se produit à nouveau avec le 9,5 UK qui correspond au 43,5 et 44 point de Paris. Maintenant, tu sais pourquoi tu peux parfois avoir la sensation d’être entre deux tailles lorsque tu chausses des souliers qui sont en point anglais…

En tant que chausseur, les contraintes logistiques d’utiliser le point de Paris sont plus importantes : il faut produire plus de formes à monter et stocker plus de paires. En somme, cela immobilise davantage de fonds. C’est pourquoi de plus en plus de marques utilisent le point anglais… Pourtant, nous pensons que c’est un excellent investissement qui permet de mieux chausser nos clients !

Chez Point de Paris, nous ne faisons aucun compromis sur le chaussant : c’est un gage de confort et de longévité. La diminution des contraintes due à un meilleur chaussant améliore significativement la tenue dans le temps de vos souliers préférés. Il est donc essentiel de choisir une paire la mieux adaptée à son pied, idéalement graduée en point de Paris pour plus de précision.

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